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Se former en OJ

Tu te demandes ce que peuvent t’apporter les Organisations de jeunesse (OJ) ? On leur reproche  parfois de proposer des formations les week-ends ou durant les congés scolaires… Et pourtant ! Même s’il s’agit dans les deux cas d’ « apprendre », l’école et les OJ ont généralement des pratiques très différentes. Se former en OJ, est-ce apprendre autrement ? Pour répondre à cette question, la parole a été donnée à Fanny, Kilian et à d’autres jeunes s’étant formés au CJLg, une OJ qui organise notamment la formation d’animateur-trice en centres de vacances.

S’amuser pour apprendre
 
Jouer, créer, vivre des activités ou en inventer… Dans les OJ, la théorie est abordée de façon ludique et mise en pratique autant que possible pour être au maximum dans le concret. Pour les jeunes interrogés, ce n’est pas pareil en classe : « À l’école on est assis, on ne bouge pas et les profs donnent leurs cours. En formation on est en mouvement, on est mis en situation. On apprend en s’amusant, c’est un point très important ».
 
Cette méthode active nécessite entre autres de prendre le temps. Pour Kilian, ça permet d’éviter le stress des sonneries d’école par une organisation du timing différente, où les matières ne sont pas « saucissonnées » en cours, mais forment un tout abordé de façon  transversale et s’adaptent au rythme de chacun. 
 
Tous égaux !
 
La relation avec le/la formateur-trice en OJ est elle aussi particulière : « les formateurs sont intégrés dans le groupe sans se montrer supérieurs ». Le fait d’être sur le même pied d’égalité est un élément important en OJ, car il permet de créer un espace où l’on se sent libre de s’exprimer, de se lâcher, voire de se confier. Un espace quasi familial.
 
Des formations dont vous êtes les héros…
 
L’absence de hiérarchie n’ôte pas pour autant au/à la formateur-trice sa responsabilité, mais elle ouvre les formé-e-s à un rôle souvent nouveau : un rôle actif. Là où il est parfois possible de simplement faire acte de présence, dans les OJ, l’implication de chacun est primordiale. « À l’école, notre rôle est pratiquement passif, certains profs monologuent sans nous faire interagir, ou nous interrogent lorsqu’on n’a pas envie de répondre. Très peu s’intéressent à l’ensemble du groupe et aux difficultés de chacun », témoigne un des jeunes.
 
Le groupe, en OJ, est le principal moteur de la formation : généralement plus restreint qu’une classe, c’est lui qui permet d’avancer en explorant la « matière » par lui-même, accompagné par le/la formateur-trice. « On est tous égaux, on participe tous à nos développements personnels mais aussi collectif » : en donnant son avis, en réagissant à ce que les autres disent, en cherchant soi-même des solutions, en proposant des idées, ou encore en s’autoévaluant.
 
Ni zéro ni interro
 
La manière d’évaluer diffère également entre OJ et écoles. Dans les OJ, « l’évaluateur » est d’abord la personne elle-même, puis le groupe, et enfin le/la formateur-trice. On ne parle pas d’échec ou de réussite, mais plutôt d’évolution et de remise en question constantes. « Nous ne sommes pas cotés avec des points : les évaluations se font sous forme de débriefings constructifs qui nous aident à apprendre de nos erreurs et qui portent sur la pratique, pas sur la théorie ». 
 
Les formations en OJ se révèlent être des lieux où l’on apprend aussi sur soi. « Un-e formateur-trice ne nous transmet pas que des compétences, des « matières » à savoir : il/elle nous apprend à mieux communiquer, à partager nos émotions, nos sensations… Il nous fait grandir et mûrir » dixit Fanny. À méditer !

Plus d'infos ?
Centre de Jeunesse Liège http://cjlg.be/